De quoi parle-t-on vraiment quand on parle d’ «impact sur les zones humides » ?

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Parmi les objectifs fixés par les nombreux textes régissant la gestion de l’eau en France, la préservation des zones humides figure en bonne place. De fait, certaines de ces zones abritent une biodiversité remarquable et constituent des habitats précieux pour la faune et la flore. Mais l’appellation générique de « zone humide » recouvre des réalités très différentes, et des terrains à l’intérêt environnemental très fluctuant. Le profil du site du Bois des Avenières en est une illustration parlante.

Deux sortes de zones humides, aux profils très différents

L’arrêté du 1er octobre 2009 précise les critères de définition et de délimitation des zones humides en France. Il distingue ainsi deux types de zones humides (ZH), d’intérêt écologique très différent et complémentaire. Certaines zones peuvent aussi cumuler les deux critères de détermination, même si un seul suffit à caractériser une zone humide :

  • Les zones humides selon le critère de la végétation: ce sont celles qui viennent à l’esprit le plus souvent lorsque nous évoquons les « zones humides ». Ce sont les marais, les fagnes, les lagunes, les tourbières : des zones souvent riches d’une grande biodiversité et qui représentent donc un intérêt environnemental potentiellement fort.
  • Les zones humides selon le critère du sol (dites zones humides pédologiques ou hydromorphes) : ce sont des zones ne se distinguant pas nécessairement d’emblée mais qui jouent un rôle « d’éponge » plus ou moins marqué en lien avec les caractéristiques du sol et du sous-sol. Selon ce critère des plaines céréalières, plantées de blé ou de maïs peuvent aussi être qualifiées comme zones humides. L’occupation des sols n’a d’ailleurs pas nécessairement d’impact sur leur rôle écologique mais leur rôle hydraulique est essentiel pour la préservation des milieux aquatiques.

La forêt des Avenières : une zone humide au rôle essentiellement hydraulique

L’essentiel des quelque 75 hectares concernés par le projet de Roybon ressortent de la seconde catégorie telle que définie dans l’arrêté de 2009.

Concrètement, la zone humide au sens pédologique telle qu’elle existe principalement à Roybon, dispose d’un sol permettant à l’eau de s’infiltrer, d’être retenue plus ou moins longtemps, puis d’être restituée vers les cours d’eau en aval. Ainsi, ces sols jouent un rôle (par ailleurs limité) dans le cycle de l’eau de la zone, mais un rôle qui peut être contrebalancé précisément par les mesures prises.

Construire en zone humide : quelles sont les règles légales ?

Contrairement à une idée répandue, la loi n’interdit absolument pas les constructions ou interventions humaines au sein de ces zones : elle les encadre précisément afin de garantir un maintien global de leurs fonctionnalités à l’échelle du bassin versant selon des critères environnementaux stricts. En cas d’impact direct sur une zone humide, la réglementation impose notamment la mise en place d’une compensation, c’est-à-dire la création (ou restauration) de zones humides équivalentes dans le même bassin versant. Dans le cas du projet à Roybon, la compensation en surface stricte a été choisie. En partenariat avec l’ONF (Office National des Forêts), le Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs a donc engagé un processus de compensation à hauteur de 200 %, conformément au SDAGE Rhône Méditerranée (Schéma Directeur d’Aménagement de Gestion des Eaux) : pour chaque hectare de zone humide affecté, deux hectares seront créés ou restaurés dans ce bassin versant.

Center Parcs de Roybon : des mesures compensatoires poussées

La construction des installations touristiques a un effet indéniable : on parle ainsi (pour tout chantier, de quelque ordre qu’il soit) de « perte de fonctionnalité écosystémique ». A Roybon, cette perte a été évitée autant que possible, réduite sur l’ensemble du site, et compensée au global.

Le rôle de régulation du débit d’eau (afin d’éviter les crues subites ou l’érosion, mais aussi de maintenir le niveau des cours d’eau…) de la zone humide pédologique a été compensé dans le projet Center Parcs par de nombreux dispositifs, de manière cumulative :

  • En créant des bassins qui joueront le rôle de « zone tampon ». Dimensionnés pour faire face à une crue centennale, les bassins retiendront les eaux si besoin, et assureront une restitution régulée vers le milieu naturel.
  • En installant sur le site des dispositifs diffus permettant d’infiltrer les eaux au plus près des zones imperméabilisées et participant à la recharge en eau du sol (noues, tranchées d’infiltration, dispositifs « à la parcelle »…), qui limiteront l’effet des zones imperméabilisées.
  • Par le maintien de l’alimentation des rus (ruisseaux de petite taille) existants, y compris en période d’étiage…

Par l’ensemble des dispositifs de gestion des eaux de ruissellement mis en place, le Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs s’est donné les moyens de garantir que l’impact du nouveau Domaine serait aussi limité que possible à cet égard. Tout a été fait pour que le milieu aquatique en aval du site ne subisse aucun impact négatif qui compromette son équilibre du fait de l’installation.

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5 réactions

  1. [Message édité par le modérateur conformément à notre charte d’utilisation] […] Vous voulez nous faire croire que vos « compensations » sont la solution aux déséquilibres que vous allez créer, non vous n’êtes pas crédibles. Les nuisances de milliers de personnes par jour ne sont pas compensables ! Elles seront bien trop importantes (bétonnage, quantité d’eau, déchets et pollutions en tout genre, lumineuses, sonores, des sols, de l’air etc…). La faune sera détruite au mieux elle fuira mais pour aller où…, ce sera invivable pour les nombreuses espèces protégées qui y vivent, qui y passent (corridors biologiques coupés) et l’homme ne pourra plus s’y promener et profiter du bien être qu’apporte ce lieu définitivement détruit.[…]

    1. Bonjour, merci pour votre contribution au débat.
      En ce qui concerne les compensations, je vous invite à découvrir les mesures mises en oeuvre sur le site . L’impact sur le cycle de l’eau, quant à lui, a fait l’objet d’une attention toute particulière. Enfin, je vous invite à découvrir l’interview de l’expert du bureau d’études qui a réalisé les études de terrain, et qui énumère les précautions prises au regard de la biodiversité.

    2. Faune et flore détruite ???
      C’est aujourd’hui qu’elle l’est….
      Tous ceux qui arpentent les forêts savent ils que nombres fleurs sont inderdites à la cueillette ???
      Tous les animaux qui sont dérangés par les promeneurs et les ramasseurs de champignon ???
      Nos bois ne sont pas entretenus… Les 200 HA de CP le seront….

  2. Une forêt est par définition un écosystème où les parties et leurs interactions tendent à l’équilibre du système, si la cueillette de fleurs ou de champignons peut avoir un impact sur cet équilibre, que dire du béton, des pollutions chimiques et sonores, de l’introduction d’espèces non indigènes… […] Encore une fois l’écologie n’est pas un mouvement politique ou social mais bel et bien une science, un center parc c’est juste l’opposé d’un espace naturel… […]

    1. Bonjour, merci pour votre contribution au débat. Le Projet Roybon a été particulièrement pensé du point de vue des enjeux environnementaux, afin de garantir l’équilibre écologique du site. Le modèle de séjours proposé par Center Parcs repose en effet sur la proximité des vacanciers avec la nature. De fait, la forêt est l’élément fondamental qui oriente le projet et l’architecture des constructions. Celle-ci sera largement préservée sur le site : 70 hectares sur les 150 que compteront le Domaine ne seront pas défrichés ni aménagés. Par ailleurs, une grande importance a été donnée à la préservation des espèces locales comme la petite scutellaire [lien – La petite scutellaire] ou l’innule de Suisse qui seront particulièrement protégées sur le site.
      Par ailleurs, nous avons accordé une grande importance à l’analyse des faits scientifiques. Des experts ont analysés le site au cours de plus de 70 sessions d’inventaire. Vous trouverez enfin tous les engagements du maître d’ouvrage du point de vue de l’environnement sur cet article que je vous invite à consulter.

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