Éviter, réduire, compenser : la philosophie du projet Roybon

Éviter, réduire, compenser : la philosophie du projet Roybon
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Prendre en compte la protection du milieu naturel dans la conception des projets d’infrastructures, c’est l’objet de la doctrine « éviter, réduire, compenser » (ERC). Proposée aux maîtres d’ouvrage en 2012 par le Ministère de l’Ecologie, elle se présente comme une méthode d’action pour adapter la construction aux enjeux environnementaux. La cohérence des actions engagées, conformément à ces trois principes, est la clé pour construire de manière durable en respectant le milieu naturel. A Roybon, la conception du Center Parcs de la Forêt de Chambaran s’inspire de cette méthode. Avec un objectif : limiter au maximum l’impact du projet sur l’environnement.

« Eviter » des dommages irréversibles

L’évitement intervient en premier dans la doctrine ERC. Il implique de toujours commencer par étudier attentivement le site du projet du point de vue de l’écologie, afin de ne pas porter atteinte au milieu naturel. Cette première phase dans la conduite du projet doit permettre de déterminer le site le plus adapté.

L’environnement a fait partie des premiers critères retenus pour sélectionner le site concerné par le projet, parmi différents sites dans l’Isère et la Drôme. Le Bois des Avenières a été retenu parce qu’il présentait une sensibilité manifestement moindre que d’autres sites, n’étant désigné ni comme ZNEFF de type 1 ni comme site Natura 2000.

Le bois des Avenières est situé au sein d’une très vaste ZNIEFF de type 2 ; elle est représentative du massif des Chambaran et de leurs boisements, dominés par des taillis exploités pour le bois de chauffage.  Après le choix du site, des inventaires écologiques ont été menés dans la zone. Les résultats de ces prospections ont permis une nouvelle phase d’évitement des impacts. Le « plan masse » du projet (disposition des bâtiments) a été modifié pour tenir compte des sensibilités écologiques : vallons, stations de plantes protégées (comme la petite scutellaire), notamment à travers la réduction du nombre de cottages initialement prévus.

 « Réduire » les incidences du projet sur le milieu naturel

Deuxième principe de la doctrine ERC, la réduction des impacts sur le milieu naturel par la mobilisation de moyens techniques. La conception du projet dans le détail a ainsi cherché à minimiser le plus possible les impacts écologiques : la localisation exacte des bâtiments a été pensée pour préserver le plus grand nombre possible d’arbres, des mesures ont été prises afin de réduire les impacts sur la faune (comme l’installation de passages pour les amphibiens par exemple), ou encore la mise en place d’une gestion écologique des espaces verts sur le site.

Ce principe de réduction concerne aussi l’impact du chantier en lui-même. A travers la mise en place d’une démarche « Chantier vert » et d’une démarche de certification Haute Qualité Environnementale, les équipes ont voulu s’engager à réduire l’impact écologique des travaux et à construire des bâtiments respectueux des critères environnementaux. Les modalités de réalisation du chantier ont été ainsi conçues de manière à réduire les impacts écologiques. Les travaux seront ainsi réalisés en dehors des périodes les plus sensibles (reproduction de la faune…), des contrôles sur la présence de gîte de chauves-souris ont été réalisés avant l’abattage des arbres et les secteurs les plus sensibles ont été balisés pour éviter que les engins ne les dégradent.

Le principe de réduction a également trouvé sa traduction dans l’aménagement du site. En effet, la présence sur les lieux de zones humides selon le critère du sol, telles que définies dans la loi sur l’eau, a conduit le maître d’ouvrage à intégrer un volet gestion de la ressource hydraulique dans la conception du projet. Suite aux remarques formulées par l’avis consultatif de la Commission d’Enquête Publique relative à la loi sur l’eau, le projet a été amélioré avant d’être validé par le Conseil Départemental de l’Environnement des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) le 25 septembre 2014 :

  • Une gestion rigoureuse des eaux de pluie pour limiter les effets des zones imperméabilisés, avec la mise en place de collecteurs sur le site, de dispositifs diffus permettant l’infiltration des eaux de pluie pour éviter des phénomènes d’érosion des sols et les risques d’inondations, et l’élimination des pollutions résiduelles grâce à des techniques naturelles (rétention, adsorption, phytoremédiation).
  • Le maintien de l’alimentation des rus (ruisseaux de petite taille) existants, y compris en période d’étiage (le moment de l’année où les cours d’eau atteignent leur niveau le plus bas).

 « Compenser » les impacts sur le milieu naturel

Troisième principe de la doctrine ERC, la compensation est de la responsabilité du maître d’ouvrage. Celui-ci doit définir un plan de compensation à hauteur minimale des impacts causés sur le site, en liaison avec les autorités administratives compétentes (DREAL, DDT, ONCFS, ONEMA, …) qui valident et contrôlent son exécution.

Plusieurs types d’impacts seront ainsi compensés :

  • L’impact sur les zones humides: Dans le cadre du projet Roybon, la compensation a été mesurée en termes de surfaces de zones humides impactées. En effet, malgré toutes les précautions prises, la construction d’installations touristiques entraîne toujours une certaine perte de fonctionnalité écosystémique du lieu. Center Parcs s’est donc tourné vers l’Office National des Forêts pour définir ensemble un plan de compensation qui aboutira à la restauration de 150 hectares de zones humides dégradées.
  • Le défrichement. Le projet prévoit le défrichement de 80 hectares de forêt (sur les 35 000 que comptent le massif des Chambaran) ; cet impact sera compensé par différentes mesures conçues avec l’ONF, à hauteur de deux hectares restaurés pour un hectare impacté.
  • L’impact sur les espèces animales et végétales Ces impacts feront l’objet de nombreuses mesures compensatoires, conçues pour répondre aux besoins des différentes espèces concernées. Ainsi, 80 hectares de boisements autour du bois des Avenières seront protégés et pourront évoluer librement à l’avenir. Dix réseaux d’ornières et des mares, constituant un écosystème favorables aux amphibiens seront créées, ainsi qu’un passage à petite faune sur l’un des sites majeures pour les amphibiens dans la région (à Notre Dame de l’Osier, à une dizaine de kilomètres du bois des Avenières).
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1 réaction

  1. Pour avoir à diverses reprises fréquenté un center parc par des séjours plus ou moins longs je connais le fonctionnement.
    Pour être habitant de la région, fréquenter régulièrement depuis 1985 la commune de ROYBON, je constate que cette commune se meure lentement.
    Est ce inutile de la faire revivre??. Seuls les inconscients le pensent.
    Il est temps, grand temps que ce projet prenne corps et qu’enfin soit prise en considération les raisonnements de centaines d’élus au lieu de se plier à l’inconscience de quelques farfelus ne résidant pas la région, qui occupent illégalement un lieu qui sera, à leur départ, un vrai dépotoir comme à SEVENS ou partout ailleurs sur d’autres lieux occupés.

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