Le projet Roybon et la biodiversité

Le projet Roybon et les espèces protégées
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Pour chaque construction dans un domaine forestier, il existe toujours des interrogations quant à la protection des espèces animales et végétales qui vivent dans et grâce à ce type d’habitat. Pour réduire au maximum l’impact du projet, le Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs a fait appel à des experts et à des méthodes scientifiques avérées pour inventorier les espèces et habitats présents et déterminer avec précision les équilibres de l’écosystème, de saison en saison. A l’issue de ces études étalées sur cinq ans, il a été possible de déterminer un plan masse et des mesures qui permettent, par aménagements, développements ou compensations, de préserver et de mettre en valeur la biodiversité du lieu.

La sélection du site pour le projet

Plusieurs sites ont été envisagés pour accueillir le projet Center Parcs. Dans la Drôme ou dans l’Isère, certains ont été rapidement écartés car classés en Zone d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type I, c’est-à-dire un secteur de grand intérêt biologique ou écologique selon les critères de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, ou recensés Natura 2000, ce qui induit d’avoir été identifiés au niveau européen pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages, animales ou végétales, et de leurs habitats. Le projet est aussi conçu pour limiter les incidences sur les zones sensibles voisines.

Si le choix s’est finalement porté sur le Bois des Avenières, c’est d’abord parce que ses 200 hectares ne font pas partie de ces inventaires ou recensements naturalistes. Ce bois n’est pas classé en réservoir de biodiversité par le projet de Schéma Régional de Cohérence Ecologique. Ces schémas d’aménagement du territoire, mis en place à la suite du Grenelle de l’environnement, sont établis par l’ensemble des acteurs locaux, du préfet de région au Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel en passant par des associations de protection de l’environnement ou encore des représentants des parcs nationaux.

Un inventaire détaillé des espèces animales et végétales

Avant de se lancer dans la conception du site, les équipes du Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs ont mandaté plusieurs experts pour réaliser le recensement des espèces animales et végétales présentes sur le site. Dans le cadre des études d’impact de défrichement, de la loi sur l’eau, du dossier de protection des espèces protégées et du permis de construire, 29 sessions d’inventaires de terrain ont été réalisées à différentes périodes de l’année entre 2008 et 2013 pour recenser un total de 116 espèces. Une analyse plus poussée a été réalisée sur des groupes d’espèces particulièrement « sensibles » ou « patrimoniales » : par exemple pour détecter la présence de chauves-souris, plus de 10 000 arbres ont été prospectés pour évaluer leur potentialité d’accueil ; la vingtaine qui présentaient une « potentialité moyenne » de gîtes ont été inspectés à l’aide d’une caméra thermique, sans qu’aucun chiroptère ne soit détecté.

41 espèces animales protégées ont été recensées sur la zone du projet, dont 22 sont des oiseaux, mais aucune qui ne soit rare. Les prospections ont également permis de mettre en évidence que la zone d’étude ne comprenait pas d’espèce protégée chez les insectes, ce type de boisement comportant peu de bois mort et peu de gros sujets ; il en est de même pour les reptiles, auxquels le milieu forestier est naturellement peu favorable. Concernant les mammifères, les espèces protégées implantées sur le site sont communes dans la région. Il n’existe pas non plus d’espèce protégée rare chez les amphibiens. Le triton crêté et le sonneur à ventre jaune, les deux espèces les plus patrimoniales, ont été observées en dehors du site.

Le même recensement a été effectué pour la flore du site, avec près de 70 sessions d’observations naturalistes organisées sur le site entre 2008 et 2010, un chiffre très au-dessus des standards en vigueur. Plusieurs zones de forte sensibilité ont été repérées : l’ourlet humide oligothrophe*, qui abrite, le long de la RD20f, une importante population d’Inule de Suisse, plante légalement protégée en région Rhône-Alpes mais aussi tous les vallons humides qui sont le foyer d’un complexe de végétations rivulaires, humides et marécageuses tout à fait remarquable et fragile. Ces corridors aquatiques majeurs servent notamment de lieu de reproduction à la salamandre tachetée. Ils ont été préservés de tout aménagement. Ces ourlets humides accueillent aussi la petite scutellaire, seule espèce de flore protégée ayant fait l’objet d’une demande de dérogation à sa protection.

C’est sur la base de ces recensements qu’a été établi le plan masse du projet Center Parcs, prévu pour restreindre au maximum l’impact environnemental de la construction. Le début des travaux témoigne de ce souci environnemental : les dates très serrées choisies pour le défrichement correspondent, par exemple, à l’évitement des périodes de reproduction…

* Un milieu oligothrophe est un milieu particulièrement pauvre en éléments nutritifs.

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4 réactions

  1. je suis sur que vous saurez préserver cette nature si importante ,chercheurs de champignons de ce coin ou je vais régulièrement depuis trente ans ,je n’ai pas peur des voir mon coin réduit ,et cette belle région des chambaran nous laisse bien de la place.il est si important pour cette région d’avoir des emplois ,même si tous ne seront pas des cdi ,la région aura des retombée c’est sur des jeunes pourront rester au pays […]

  2. Bonjour,

    J’aurai aimé recevoir ou avoir un lien vers le rapport final réalisé par les experts mandatés par PVCP, car je me demande quelle entreprise (ou indépendants) a/ont réalisé ce travail, et ce qu’il en est ressorti exactement ?
    Dans un dossier aussi complexe, vous comprendrez qu’il est important, capital même, de pouvoir s’informer de la meilleure des manières afin d’adopter une position quant au débat que le projet soulève.

    Bien à vous,
    Roger

    1. Bonjour,

      Merci pour l’intérêt que vous portez au projet. Le cabinet spécialisé ÉCOSPHÈRE et le bureau d’études géotechniques CONFLUENCE ont réalisé les enquêtes, les mesures de réduction des impacts ainsi que les mesures compensatoires du projet Roybon. Toutefois, ces travaux sont exclusivement à destination des autorités compétentes.

      Pour connaître plus en détails les procédures, nous vous invitons à consulter l’onglet « Tout Savoir » du blog Projet Roybon ainsi que la rubrique dédiée sur le site du groupe.

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